Par Julia le mercredi 6 novembre 2019

Interview de William BEHAR, cofondateur de Digidom

Bienvenue sur Talk, le podcast de Digidom. J’interroge aujourd’hui William BEHAR, cofondateur de Digidom.

Pour commencer, peux-tu nous présenter Digidom ?

J’ai cofondé Digidom avec Julien LANCRET il y a 5 ans. C’est une société de domiciliation d’entreprise et un cabinet de formalités juridiques. Nous aidons les entrepreneurs à créer leur société.

Digidom est-elle la première société que tu as créée ?

Non, je viens du monde du webmarketing et plus particulièrement du marketing d’affiliation. Nous possédions auparavant une agence d’emailing marketing et nous monétisions une importante base de données de prospects.

Qu’est-ce qui ta amené à délaisser cette activité pour créer Digidom ?

Durant notre première activité, nous avions loué des locaux beaucoup trop grands pour notre activité et notre structure. Nous nous sommes vite demandé comment rentabiliser ce loyer et avons commencé à regarder ce qui se faisait sur le marché, nous avons naturellement étudié la location de bureaux, le coworking puis nous sommes tombés sur la domiciliation d’entreprise. 

En découvrant cette solution et tout ce qu’elle pouvait offrir au sein d’un marché vieux de 40 ans, j’ai constaté qu’elle n’était pas adaptée aux besoins d’aujourd’hui. J’ai vite compris qu’il y avait une opportunité à saisir et que nos connaissances en marketing digital nous permettraient de dépoussiérer ce marché. Pour être franc, en lançant Digidom je ne pensais pas en arriver au point où nous en sommes actuellement.

Justement, où en est Digidom aujourd’hui ?

À ce jour Digidom compte plus de 3000 clients. Nous avons mis en place une multitude de process autour d’une équipe de 20 personnes, et elle n’en finit pas de grandir. Au départ je pensais lancer Digidom comme une activité annexe à celle que j’exerçais auparavant, mais c’est finalement devenu mon activité principale. J’ai laissé tomber tout le reste.

Comment t’y es-tu pris pour démarcher tes premiers clients ?

Nous avons lancé Digidom tandis qu’un salon d’entrepreneurs se tenait à Porte Maillot. Immédiatement nous avons décidé d’y aller au culot avec des flyers sous le bras. J’ai missionné mon cousin de 16 ans pour trouver des jeunes afin de les distribuer. Deux personnes sont venues nous voir suite à cela et quelques autres nous ont joints par téléphone. Nous n’avions aucun budget marketing alors ce n’est qu’ensuite que nous avons pu mettre en place une stratégie sur le Net.

Cela s’est fait progressivement. J’ai commencé par utiliser mon savoir-faire en marketing digital et en acquisition de leads pour monter un premier site wordpress assez sommaire et réaliser un travail de SEO sur la domiciliation d’entreprise. J’y ai ajouté ensuite des fonctionnalités au fil de l’eau. 

Je me suis focalisé sur le ROI et en vrai maniaque de la conversion j’ai analysé quotidiennement les statistiques de visites du site pour réfléchir à la meilleure méthode à mettre en place pour transformer ces visiteurs en clients. Nous avons été les premiers à proposer un contrat en ligne avec signature électronique et vérification en ligne des documents.

Rien à voir avec la stratégie initiale donc !

Absolument ! Nous savons que notre référencement naturel prendrait du temps. Au départ nous n’avions rien pour plaire à un entrepreneur qui vient de créer sa société et nous en confie les clés ! 

Nous étions nouveaux, nous avions cassé les prix et tout le monde se demandait si notre modèle économique était viable. Je n’avais certes pas réussi à rassurer le tout premier client, mais au bout du dixième mon discours était bien rodé.

Pour toi l’entrepreneuriat repose sur la persévérance ?

Tout à fait ! Pour moi c’est d’abord faire sauter toutes les barrières psychologiques avant de penser au reste.

Tu as aussi dû faire sauter des barrières administratives pour lancer Digidom ?

Oui, énormément. Et c’est grâce à l’expérience que j’ai accumulée au gré des sociétés que j’ai créées que j’ai compris qu’un entrepreneur est avant tout passionné par son business et ne maitrise pas forcément tous ses à cotés. Souvent il ne veut même pas y penser tellement cela lui donne des boutons !

Quand je suis sorti jeune diplômé de l’université de Dauphine, j’ai créé ma première société pensant que je pourrai m’en sortir seul. Pour moi il était hors de question de payer un avocat ou un formaliste. Ça a été l’enfer ! 

Je me souviens être allé deux ou trois fois au CFE pour un défaut de documents et devoir refaire une annonce légale. En tant qu’étudiant j’ai négligé de recourir à l’ACCRE et adopté le mauvais statut pour mon entreprise, pour payer deux fois le RSI… 

Au final j’avais fait n’importe quoi sur le plan de la fiscalité et tout cela m’a couté aussi cher que si j’avais délégué ces tâches administratives. J’y ai surtout perdu beaucoup de temps !

Qu’est-ce qui t’a motivé à créer toutes ces sociétés malgré les galères rencontrées ?

Je ne me suis jamais posé la question. J’avais fait des études de finances à la base, je n’ai jamais effectué de stage dans une banque. Par contre j’ai été stagiaire chez Nexity et je me suis rendu compte que je n’arriverai jamais à m’adapter à cette ambiance et à cette façon de faire. J’avais envie de me lancer seul de toute façon, conclure des contrats directement avec des clients et générer mon propre chiffre d’affaires.

Selon toi, la clé pour réussir à entreprendre c’est la monétisation de son activité ?

Quand je me suis lancé comme entrepreneur, j’avais un loyer à payer, des responsabilités financières croissantes donc il fallait que les résultats soient rapidement concrets. Dans ma phase de formation et d’acquisition de clientèle, je faisais quelques boulots ici et là, mais l’essentiel serait de vivre de la création de mon entreprise.

Ce sont donc avant tout des opportunités que tu as saisies plutôt que la passion de l’entrepreneuriat qui t’ont guidé.

Oui voilà, et puis l’entrepreneuriat est une forme de culture dans ma famille, tout le monde est entrepreneur, c’était une évidence pour moi. C’est comme ça que je suis entré dans la société de Julien.

Maintenant que tu as acquis toute cette expérience, aurais-tu des conseils à donner aux entrepreneurs sur les questions qui reviennent le plus souvent ?

C’est vaste ! Les questions ne sont pas les mêmes quand tu viens de créer ta société ou que tu l’as créée il y a 5 ans. Ceux qui veulent se lancer vont souvent très loin dans leur projection sans vraiment penser aux bases : le budget, le modèle économique, le chiffre d’affaires prévu et la stratégie de monétisation par exemple. 

Mais surtout, avec Digidom j’ai compris que pour accroître ses revenus de manière importante il fallait déléguer toutes les tâches annexes au développement du chiffre d’affaires. Avant qu’ils se lancent, j’invite les entrepreneurs à bien définir leur modèle économique et à le tester pour être certains que leur projet soit viable.

Pour finir, on entend souvent les entrepreneurs définir leur motivation à travers la liberté que leur activité leur procure. Mais d’autres prétendent qu’ils sont prisonniers de leur statut, qu’en penses-tu ?

C’est une question très philosophique ! Pour ma part je ne me sens pas prisonnier. Quand on est entrepreneur, on apprend à ne pas le devenir. J’ai dû sacrifier ma vie de famille dans mes débuts, comme beaucoup. Mais avec le temps on apprend à gérer son emploi du temps, à devenir plus productif sur son temps de travail pour gagner en liberté à d’autres moments. 

Quoi qu’il en soit un entrepreneur ne se sent pas prisonnier parce qu’il est passionné par ce qu’il fait, il faut juste qu’il prenne du recul de temps à autre pour éviter de passer sa vie sur son bureau.

Par Julia le mercredi 6 novembre 2019

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