Par Julia le vendredi 8 novembre 2019

A qui appartient vraiment une entreprise ?

L'entreprise est constituée de salariés, de dirigeants et d'associés (SARL) ou d'actionnaires (SAS).

Pour savoir qui est réellement le propriétaire d'une entreprise, il ne faut pas oublier la finalité de l'entreprise qui est, dans le modèle économique le plus répandu, de générer des profits pour subsister et se développer. Il faut ensuite définir qui génèrent ces profits, est-ce-que ce sont les actionnaires, les associés, les dirigeants, les salariés ou l'interaction de tous ? Et finalement il faut savoir si ces acteurs se positionnent pour autant comme propriétaires de l'entreprise ?

Difficile alors de dire que les actionnaires sont propriétaires plus que les salariés ou que le dirigeant qui "mène la danse". C'est une interrogation complexe, qui diffère qu'on se situe dans un mode "capitaliste" ou qu'on se range derrière la vision de Lorenzo Sacconi (professeur d’économie), qui suggère l'élaboration d'un contrat social entre toutes les parties prenantes de la société. Il transformerait ainsi l'affrontement entre les parties aux intérêts divergents en une collaboration positive.

Les actionnaires, propriétaires de l'entreprise : la théorie de "l'agence"

Les actionnaires ou associés détiennent des parts sociales dont le nombre est proportionnel à l'apport de chacun. Ces parts sociales ou actions ne doivent en aucun cas être considérées par eux-mêmes, les salariés et les tiers de la société comme des "titres de propriété" (Jean-Philippe Robé "les actionnaires ne sont pas propriétaires de l'entreprise).

Alors que le droit des sociétés affirme que l'entreprise appartient "à l'ensemble des parties prenantes qui la font vivre", la théorie de l'agence avance que le patron est mandataire de ses investisseurs, les actionnaires. Ce principe constitue actuellement la base de fonctionnement dans la grande majorité des entreprises. C'est un concept qui évalue les salariés en les plongeant dans une grande détresse et une démotivation évidente : le collectif est valorisé mais c'est l'individu qui est récompensé.

Pourtant, il n'est pas certain de positionner les actionnaires comme propriétaires des entreprises car l'actionnaire ou l'associé, n'engage sa responsabilité dans l'entreprise qu'à hauteur de ses apports transformés en un certain nombre d'actions, alors que les profits qu'il peut espérer sont sans limites. Les actionnaires ont donc des responsabilités limitées et seraient donc des propriétaires aux attributions restreintes.

L'élaboration d'un contrat social ou d'un contrat de confiance

Le contrat social de l'entreprise a comme objectif principal de satisfaire au besoin d'autonomie du salarié ; le remotiver face à son emploi dans l'entreprise en supprimant son mal-être. Les salariés doivent avoir la liberté d'interférer dans l'évolution du projet d'entreprise, incluant la gestion de l'emploi et du salarié dans l'exercice de son activité, ils doivent sortir des process figés et stressants.

Les salariés doivent être reconnus pour leurs compétences dans leur travail et pour leurs capacités à s'arracher du contrôle quasi-permanent des dirigeants d'entreprises, qui acceptent de ne plus communiquer sur le précepte d'une hiérarchie efficace (à leurs yeux). Les dirigeants et les associés ne doivent plus se ranger derrière leur vision de propriétaires, seuls responsables de leur entreprise ; ils doivent encourager la maîtrise et du travail et l'expérience des salariés ainsi que la transmission du savoir-faire, développant ainsi l'efficacité collective.

Les dirigeants doivent accentuer la transparence de l'entreprise, acceptant ainsi les principes de Responsabilité Sociale des Entreprises (RSE) qui demandent à ce que tous les employés, de tous les niveaux de la hiérarchie aient accès aux informations sur l'entreprise. Ces mêmes dirigeants doivent oublier la rétention d'informations comme signe de pouvoir et mettre en avant de nouveaux concepts tels que la prise en compte des retours des employéas et s'en servir pour favoriser leur prise de confiance en eux.

Cette communication transparente donne l'avantage aux salariés, en cas de cession de l'entreprise, de se positionner comme éventuels repreneurs.

Certains affirment donc que les propriétaires d'entreprises sont les actionnaires mais il semblerait plus logique de laisser la place vide ou de positionner le propriétaire de l'entreprise comme l'ensemble des parties prenantes participant à la vie de l'entreprise et à sa croissance.

Par Julia le vendredi 8 novembre 2019

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